La paléontologie de Leibniz comme métaphysique appliquée
[Présenté dans la série des conférences du département de philosophie, Université du Québec à Montréal, 10 octobre, 2008]
Dans ce propos je veux tout d’abord esquisser les arguments principaux de la Protogaea de Leibniz, en les contextualisant par rapport à son oeuvre philosophique entier, aussi bien que par rapport à la philosophie naturelle du 17e siècle. Je vais me concentrer sur son argument concernant les origine des fossiles, tout en essayant de vous montrer comment cette question s’encadre dans des débats fondamentaux à l’age classique concernant l’ontologie et la modélisation des êtres naturels, concernant la faculté de l’imagination et son rôle dans la génération des formes, la nature et la fréquence des miracles, et les limites épistémologiques de tout effort de reconstruire des processus enterrés dans le passé lointain. Finalement, dans la dernière partie de ce propos je veux proposer, d’une façon très speculative, un lien entre la négation leibnizienne d’une capacité de jouer dans la nature, d’une part, et, d’autre part, l’affirmation 130 ans plus tard du jeu ou Spieltrieb comme catégorie de perception ésthetique par excellence dans l’idéalisme allemand.